Rêveries équestres

Car il faut se quitter un jour... le coeur gros

21 Mai 2016, 09:16am

Publié par Armelle Perrot

Le moins que l'on puisse faire pour eux, eux qui nous ont tout donné alors qu'ils étaient en bonne santé, brillants de muscles et de sportivité, c'est leur assurer une belle vieillesse et une mort digne. Nous avons la chance de pouvoir prendre chez nous nos vieux à la retraite. Une belle pâture, un abri, du foin et de l'eau fraîche à volonté.

Millbrooks, alias Nounours, compagnon de selle de ma belle-fille, Audrey, coule des jours paisibles, à la retraite depuis de nombreuses années déjà. Il aurait fêté ses 32 ans dans une semaine.

Millbrooks est un cheval discret, au mental de fer. Pur-sang destiné au complet dans sa jeunesse, puis cheval professeur d'Audrey. Puis retraité paisible. Une vie bien remplie. De cheval vieillissant, il est devenu un petit sac d'os. Malgré les rhumatismes, la fatigue de la vieillesse, ce petit cheval bai brun n'a jamais manqué un rendez-vous. Toujours là, avec son pas devenant de plus en plus rasant avec les années, un hennissement un peu enroué pour nous rappeler que l'heure de la gamelle était largement dépassé.

Il y a quelques années, une tempête avait emporté son abri. Le cheval était resté dehors tout l'hiver bien calfeutré dans sa couverture, mais bon. Une grosse tempête de neige avait ravagée la région cet hiver là. Et nous avions passé la nuit à écouter le vent mugir en pensant à lui, dehors et dans le froid, certainement tête basse et cul au vent. Au matin, dès les premières lueurs et la boule au ventre, nous avions été tout de suite à la pâture pour voir comment il avait passé la nuit. Et notre Nounours était déjà occupé à gratter la neige pour atteindre l'herbe en dessous, le poil bien chaud sous la couverture. L'envie de vivre et la débrouillardise caractérisent ce cheval.

Comme pour les autres, nous l'avons accompagné jusqu'à son dernier souffle. Millbrooks s'est éteint comme il a vécu : paisiblement et entouré.

Il va se passer du temps avec que notre oeil ne le cherche plus dans pâture le matin.

A Nounours, qu'il repose en paix et vive dans nos mémoires.

Car il faut se quitter un jour... le coeur gros
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anna 29/08/2016 16:11

cet article a été vraiment très touchant, du début à la fin, et m'a refait penser à celle que je considérais comme mienne, une ponette de club extraordinaire qui m'a quittée en octobre dernier. Je vous invite à passer sur mon blog: lovely irish girl pour lire mon poème la concernant.