Rêveries équestres

Changement de cadence

15 Octobre 2016, 15:57pm

Publié par Armelle Perrot

Le cheval est notre passion, notre essentiel, notre quotidien. Il hante nos jours, nos nuits et nos phantasmes. Il est au centre de notre attention et de nos soins. Il est notre source de lumière. C'est vrai, c'est ainsi.

Alors comment pouvons-nous envisager, imaginer ce qu'a été la fin de vie de ce cheval gris sur l'hippodrome de Cagnes sur Mer ? Cheval mort d'épuisement à l'issue d'une séance de travail transformée en punition. Son tort : trop de barres tombées durant le meeting. 

Sa confiance en l'homme bafouée, son incompréhension, sa souffrance ? On l'imagine sur-protégé toute sa vie, pansé, tondu, massé. Chouchouté. 

Malheureusement, on peut également imaginer des séances de travail difficiles, dans la violence et l'intolérance. Considéré comme une machine qui doit produire du sans-faute, malgré la peur et la douleur. Pour l'égo d'un cavalier, d'un propriétaire. Pour l'argent également. Surtout l'argent.

Mais, il y a quelques jours, ce magnifique cheval a osé dire non. Il n'a pas été écouté et il a payé de sa vie. Il s'appelait Flogas Sunset.

J'espère que le destin de Flogas pulvérisera les mauvaises pratiques de cet art/sport/passion si beau. Et que l'on ne verra plus cette maltraitance ordinaire et pourtant inacceptable : le rollkur, les muserolles serrées, les langues bleues, pur-sang arabes galopant avec un membre brisé, les yeux révulsés sous l'incompréhension. Et ces tortionnaires déguisés en cavaliers, abjectes.

Vous nous faites honte et notre amour va à vos chevaux. A tout ces cavaliers qu'ils soient professionnels ou amateurs, leur licence devrait leur être retirée, leur droit à entraîner, vendre, enseigner annulé. 

Il est de notre responsabilité de nous rapprocher que de professionnels bienveillants et travaillant dans une certaine éthique. De boycotter et décrédibiliser les autres. Ceux qui aiment les guêtres à clous, les piles à boeufs et autres outils de torture. 

Il est de notre devoir de percevoir notre cheval comme un être cher et ami avec lequel nous vivons une relation riche et variée. Même si l'on fait du concours. Que le concours reste dans le confort du cheval et une partie de plaisir pour le couple.

Et c'est comme cela que l'on progresse, à deux. Pas forcément vite, pas forcément autant que l'on voudrait.

A Flogas, que je ne connais pas, que je n'ai jamais vu bouger, sauter, danser. A Flogas, qui pèse lourd dans mon coeur. A Flogas et à tous les autres.

 

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