Une tige nous manque... et tout est effeuillé
Tristesse... Je regarde son boxe qui reste désespérément vide. Ah non, la petite Alaska est dedans momentanément. L'herbe de printemps lui a bien arrondi les formes et son embonpoint est visible. Pour elle, c'est la diète. Mais pas de Voltige. Je ne vois pas son oeil de grande arsouille nous accueillir.
Voltige va bien. Elle va mieux. Mais elle n'est pas chez nous. Et elle nous manque.
Je vous raconte l'histoire qui commençait si bien ?
Samedi 25 avril. Nous partons. Cinq filles dans le master et deux chevaux dans le van. Présence étant en chaleur, elle attend patiemment son ovulation au centre d'insémination. Elle n'est pas du voyage. Pas cette année, du moins.
Nous sommes contentes car nous retournons chez Rodolphe Saint Germain aux Ecuries de la Canterie. Retour aux sources pour Voltige. Et oui, nous retournons là où nous l'avions vue pour la première fois, notre jolie jument (http://www.reveries-equestre.com/une-jument-jamais-suite).
Nous avons hâte de montrer ses progrès à Rodolphe et nous comptons utiliser cette semaine de cours pour faire progresser chevaux et cavaliers comme il sait si bien le faire. Marie est enceinte et ne monte plus que sur le plat. Je suis chargée de faire sauter la jument et m'en réjouie. Maïré va présenter son lusitanien qui saute joliment mais le couple a besoin de se mettre réellement ensemble pour passer un cap. Elisa a pour objectif son galop 6 et Manon n'a que celui de se faire plaisir.
Le voyage se passe bien et nous arrivons en fin de journée aux écuries.
Les chevaux prennent connaissance de leurs boxes et attaquent vaillamment leur foin. Nous les laissons tranquilles et nous occupons de ranger les affaires, nettoyer et organiser le van et allons à l'hôtel finir la journée.
Le lendemain, Rodolphe est en concours toute la journée. Nous préparons les chevaux pour une petite séance histoire de faire passer les quelques raideurs du voyage.
Marie monte Voltige et comme il pleut, commence sa séance dans le manège. La jument est joyeuse et regarde partout. Travail au pas normal. Départ au trot. La jument est raidouillarde et je mets ça sur le dos du voyage. Malheureusement, cela ne s'arrange pas et nous arrêtons vite la jument. Qui commence à suer et à trembler. Myosite. Retour au boxe et attente du véto. La jument est figée. Fin de stage pour Voltige et début de la perfusion. 10 jours de boxe strict. Nous savons déjà que nous ne reviendrons pas avec la jument qui est intransportable.
Malgré tout, Voltige garde un bon moral et se plie plutôt bien à tous les soins que nous lui prodiguons. Pendant la semaine, nous montons des chevaux de l'écurie et vient le jour du départ. Nous laissons la jument une boule au ventre mais nous savons qu'elle sera bien soignée à la Canterie.
Nous avons des nouvelles régulièrement et attendons avec impatience la visite du vétérinaire et les résultats de la prise de sang.
Hier, un poids s'est allégé : la jument sera transportable la semaine prochaine. Nous avons hâte que notre grande tige revienne finir sa convalescence avec nous, parce qu'il n'y a rien de pire qu'un boxe vide sans sa tête d'ébouriffée à la porte, de ne pas la voir et de ne pas pouvoir plonger notre regard dans le sien.
Reviens vite, ma tige, parce qu'on n'est plus grand chose quand tu n'es pas là...