Larmes équines
Mon alter ego, mon double, mon ombre est malade. Bien sûr, c'est moins triste qu'un humain. Mais une partie de moi-même est malade. Je donnerai ma santé pour elle. J'irai inonder l'église des cierges les plus beaux et les plus gros du monde. Pour qu'elle respire bien, pour qu'elle arrête de tousser.
Je sais qu'elle va s'en sortir et je ferai tout pour qu'elle aille mieux. On prendra le temps qu'il faut. C'est juste que c'est dans les tripes que ça mord.
Et là, on se dit : "Mais il ne faut pas être comme ça : c'est juste un animal !". Pourtant, rien n'y fait. Leur souffrance est la nôtre. Alors, on essaye de rationaliser : On va soigner encore mieux, on va l'arrêter quelques temps, attendons ce que dit le véto, au pire je l'arrête un an et elle me fait un bô Royal Baby et après on se retrouve, comme avant...
C'est fou. Et déjà, la peur de ne plus vivre ces moments d'exception, d'union s'installe. Et si... cela avait été la dernière fois ?
Hey, ma princesse, si je peux plus te monter, ne t'inquiètes pas, nous continuerons la route à pied ou bien toi sur mon dos. Mais nous continuerons la route, ensemble, ma beauté.
