Trait pour traits ou fin de journée en pente douce
La journée a été étouffante. Les chevaux ont passé l'après-midi dans la fraîcheur des boxes après une douche. Nous ne pouvons plus bouger. L'air est épais comme du beurre et irrespirable. Nous attendons quelque chose. Tout est prêt. Mais nous ne bougeons pas. Nous attendons. Que la soirée fasse son entrée en scène. Et avec elle une relative fraîcheur. Nous allons atteler. Et partager ces instants avec des non-cavaliers.
Tout le monde est là ! C'est le moment de sortir la jument, de la garnir. Brancards, avaloirs et traits. La jument se tortille comme à son habitude. Ma fille à la tête et hop, c'est parti.
Un peu de pas. Vérification de l'écoute de la jument. Bof... Cela viendra au fur et à mesure. Pour l'instant, elle regarde à droite et à gauche et oublie un peu de tendre ses traits. Je connais ma Tréglamour et je sais que cela ne va pas durer.
Allez, au trot. C'est là qu'elle donne sa pleine mesure, ma tonne d'amour. Elle se réveille enfin et prend son trot de croisière. Si vous asseyez de la suivre en selle, vous seriez étonné du trot que devra sortir votre cheval pour rester derrière la voiture.
Comme d'habitude la magie opère et bien que secoués dans le marathon, nous sommes tous détendus et heureux de vivre ces moments. Nous regardons les blés devenir d'or sous le soleil rasant, l'air tiède caresse nos peaux. L'odeur du cheval en sueur nous rappelle que nous vivons ces instants précieux grâce aux efforts et à l'énergie du plus brave des coeurs. Gros coeur qui en fait bien voir aussi ! Mais c'est bien vite oublié quand elle nous fait un si beau cadeau.
Retour au pas, direction l'écurie. La nuit est presque là. Nous sommes entourés par l'odeur de Tré qui en repassant en pas avoue sa fatigue. Mais je sais qu'elle est contente.
Nous la dételons. Une douche pour la jument. Deux-trois gros calins. Le soleil est passé sous l'horizon. Les costauds rangent le marathon.
C'est une belle journée, je vais me coucher. C'est une belle journée qui s'achèèèèèève.