Chevaux merveille, chevaux de nos rêves
Petite, toute petite, je rêvais d'eux. Dans le creux de mon lit, j'étais sur le dos du plus fabuleux des chevaux merveille. Nous galopions jusqu'à l'horizon et le soleil ne se couchait jamais. Ce rêve ne m'a jamais quitté et la nuit, souvent, mon esprit s'égare encore vers des galops infinis, des regards échangés dans la grâce d'un moment partagé.
Les années ont passé. Parfois, nos amours se sont brisés, érodés. Ils ont été emporté par l'usure du temps. Nos rires d'enfants se sont fait plus sages, plus tristes. Nous avons perdu notre petite chanson joyeuse, l'envie de courir juste comme ça, pour le plaisir de se sentir vivant. Et malgré tout cela, cet amour est resté intact. Aussi joyeux et puissant qu'au premier jour. Aussi troublant. Aussi neuf.
Nos chevaux de merveilles sont dans nos coeurs et dans nos têtes. Eternellement, ils restent fiers et le vent s'amuse dans leurs crins. Ils regardent loin devant eux et font semblant de ne pas nous voir. Pourtant ils savent. Ils attendent. Que l'on s'approche d'eux. Et que l'on regarde dans la même direction. Alors, ils soufflent fort dans un bruit de tempête, lèvent la queue aux étoiles et nous emmènent avec eux. Et là, nous savons que jamais rien ne sera comme avant.
Et notre plus grand privilège, c'est de continuer à vivre ce rêve bien éveillés. Tous les jours. Avec nos chevaux de merveille de chair et d'os. Ils regardent loin devant eux. Ils font semblant de ne pas nous voir. Ils nous invitent à regarder dans la même direction. Ce que nous faisons et ensemble nous regardons l'horizon. Et nous ressentons toute leur force et nous frémissons du plaisir anticipé lorsque nous jouerons, avec eux, à rattraper le vent.